Mars 2019

Relisez le dernier article du Docteur Bénédicte FLAMENT, Scientific Director, THE PET CHANNEL BELGIUM

(mettre l’article on line) 

Votre chat est un animal excessivement propre : sur un cycle de 24 heures, votre félin peut octroyer presque 4 heures (soit près de 20%) de son temps à son comportement de toilettage. Ce dernier revêt chez l’animal diverses fonctions : il est un facteur apaisant et anti-stress, il permet bien entendu de maintenir un niveau de propreté adéquat pour l’animal et enfin, il permet au chat de se rafraîchir en humidifiant son poil (rôle de régulation de la température). La conséquence de ce comportement prépondérant de l’espèce : l’ingestion de poils de par la caractéristique râpeuse de la langue et la formation de boules de poils au niveau du tube digestif. Comment les éviter ? Comment détecter leurs conséquences ?

Les conséquences du comportement assidu de toilettage chez le chat

Lorsqu’il passe son temps à lustrer son pelage, le chat utilise bien sûr sa langue, afin d’enlever de la surface de la peau l’ensemble des poils morts. La surface de la langue étant extrêmement râpeuse, elle entraîne donc sur son passage un amas de poils que le chat va ensuite ingérer.  Hors, le poil n’est pas ou très peu attaqué par le système digestif (il n’est pas une substance dégradable par les enzymes de la digestion).  Les poils ainsi ingérés vont donc stagner dans l’estomac et puis dans les intestins du chat, formant en finalité de réels amas appelés « boules de poils » ou encore plus scientifiquement « trichobézoards ». 

Ces boules de poils constituent un réel danger pour votre compagnon félin : étant dans l’impossibilité de digérer les poils avalés, le chat accumule dans son système digestif ces amas de poils qui risquent dès lors de provoquer diverses conséquences bien fâcheuses pour l’animal. Dans un premier temps le chat va être pris de régurgitations ou de vomissements afin de soulager son estomac.  Ces vomissements répétitifs peuvent dès lors irriter l’estomac et l’œsophage et engendrer l’apparition de petits ulcères.  Néanmoins, à ce stade, le risque reste limité puisque le chat, de par les vomissements ou régurgitations parvient à se débarrasser de ces boules de poils.

La situation devient nettement plus problématique si les boules de poils passent de l’estomac vers la cavité de l’intestin. Elles stagnent à cet endroit et peuvent à terme provoquer une obstruction intestinale : le chat est alors exposé à de graves problèmes car il n’arrive plus à déféquer.  Vous observerez rapidement une perte d’appétit et un état qui sera qualifié de léthargique : le chat ne bouge plus ou très peu, n’a plus d’interactions avec le milieu extérieur. Il est grand temps de s’inquiéter et d’appeler votre vétérinaire !

 Prévenir les conséquences des boules de poils

Même si l’on ne peut empêcher le chat de procéder de manière intensive à son toilettage et donc d’avaler au terme de ce dernier une certaine quantité de poils, il existe diverses manières de prévenir ou tout du moins de minimiser les conséquences de ce comportement dans l’espèce féline.

Le toilettage (brossage) régulier de la surface du corps vous permettra ainsi mécaniquement d’ôter la majorité des poils morts du pelage. L’action mécanique de la brosse remplace celle du passage de la langue du chat : vous minimisez ainsi facilement la quantité de poils qui seront ingérés par votre compagnon félin.

Utilisez à cet effet une brosse adaptée au pelage de votre chat : les chats à poils longs sont évidemment bien plus exposés à cette problématique que les races à poils courts.

Il est également possible de minimiser les risques de la formation des boules de poils dans l’intestin en facilitant le travail d’élimination : il existe à cet effet dans le commerce des aliments riches notamment en fibres qui permettront de stimuler le transit intestinal et donc de favoriser l’élimination des boules de poils.

  Retrouver des amas de poils régurgités sur le tapis de votre salon n’est jamais fort agréable… mais ne signe pas encore une situation catastrophique pour votre chat. Il est néanmoins bon de se préoccuper de ses signaux d’alerte, l’étape suivante pouvant être beaucoup plus dangereuse pour votre petit compagnon.  Parlez de tout ceci avec votre vétérinaire !